Introduction
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les maladies chroniques – également appelées maladies non transmissibles (MNT) – sont des affections de longue durée, d’évolution lente, résultant d’une interaction complexe entre facteurs génétiques, physiologiques, environnementaux et comportementaux. Elles incluent notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète, les cancers, les maladies respiratoires chroniques et l’obésité.
À l’échelle mondiale, les MNT sont responsables d’environ 41 millions de décès par an, soit près de 74 % des décès mondiaux (OMS, 2023). Contrairement aux idées reçues, ces maladies ne touchent plus seulement les personnes âgées : près d’un tiers des décès surviennent avant l’âge de 70 ans, souvent chez des sujets économiquement actifs.
En Afrique subsaharienne, la transition épidémiologique est particulièrement rapide. Tandis que les maladies infectieuses restent présentes (paludisme, VIH, tuberculose), les maladies chroniques progressent fortement. L’OMS estime que les MNT représentent désormais plus de 37 % des décès en Afrique.
Au Cameroun, les données du ministère de la Santé publique et de l’OMS montrent une augmentation significative de l’hypertension artérielle, du diabète de type 2 et de l’obésité chez les jeunes adultes urbains. Des publications indexées sur PubMed et soutenues par le National Institutes of Health confirment cette tendance préoccupante.
Pourquoi les jeunes africains développent-ils de plus en plus de maladies chroniques ?
L’explication est multifactorielle et repose sur une transformation profonde des modes de vie, de l’environnement et du contexte socio-économique.
1. Transition nutritionnelle : du mil au fast-food
Texte alternatif suggéré : Transition nutritionnelle et maladies chroniques chez les jeunes africains.
Une alimentation plus calorique et transformée
L’Afrique connaît une transition nutritionnelle accélérée. Les régimes traditionnels riches en fibres (mil, sorgho, légumes, tubercules) sont progressivement remplacés par :
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des aliments ultra-transformés
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des boissons sucrées
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des produits riches en sel et en graisses saturées
Cette transformation est fortement associée à l’augmentation de l’obésité, de l’insulinorésistance et du diabète de type 2 (Popkin et al., 2020).
L’analogie est simple :
Si le corps est une voiture, l’alimentation traditionnelle était un carburant stable. Les aliments ultra-transformés sont comme un carburant riche en impuretés : le moteur fonctionne, mais s’use prématurément.
Explosion de l’obésité juvénile
Selon l’OMS, le surpoids et l’obésité ont presque triplé dans le monde depuis 1975. En Afrique urbaine, la prévalence du surpoids chez les jeunes adultes dépasse parfois 25 %.
2. Sédentarité et urbanisation rapide
Texte alternatif suggéré : Sédentarité et urbanisation en Afrique favorisant les maladies chroniques.
L’urbanisation massive modifie radicalement les habitudes :
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moins d’activité physique
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déplacements motorisés
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temps prolongé devant les écrans
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emplois tertiaires
Le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) souligne que la sédentarité est un facteur majeur de maladies cardiovasculaires et de diabète.
En Afrique, l’absence d’infrastructures sportives accessibles et sécurisées accentue le phénomène.
3. Stress chronique et précarité socio-économique
Le stress chronique active l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, entraînant une hypercortisolémie prolongée. Cette situation favorise :
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hypertension artérielle
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syndrome métabolique
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troubles cardiovasculaires
Des études publiées sur PubMed montrent un lien entre insécurité financière, chômage des jeunes et augmentation des biomarqueurs inflammatoires (Cohen et al., 2019).
Au Cameroun, le contexte économique difficile, l’instabilité professionnelle et la pression sociale contribuent à un stress chronique silencieux.
4. Pollution environnementale et exposition toxique
Texte alternatif suggéré : Pollution urbaine et maladies chroniques chez les jeunes africains.
L’OMS estime que la pollution atmosphérique cause environ 7 millions de décès par an dans le monde.
En Afrique, les jeunes sont exposés à :
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combustion domestique de biomasse
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trafic urbain dense
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brûlage de déchets plastiques
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pesticides agricoles
Ces expositions augmentent le risque de :
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maladies respiratoires chroniques
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cancers
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maladies cardiovasculaires
5. Facteurs génétiques et susceptibilité ethnique
Certaines populations africaines présentent une susceptibilité accrue à l’hypertension et au diabète en raison d’adaptations génétiques anciennes.
Lorsque ces prédispositions rencontrent un environnement moderne riche en calories et pauvre en activité physique, le risque explose.
C’est le concept de mismatch évolutif :
Un corps programmé pour survivre à la pénurie confronté à l’abondance permanente.
6. Diagnostic tardif et insuffisance du dépistage
Beaucoup de jeunes ignorent qu’ils sont hypertendus ou diabétiques. L’accès limité aux bilans biologiques réguliers retarde la prise en charge.
👉 Sur ce sujet, vous pouvez lire également sur MboaPHARMA :
-
Typhoïde : pourquoi le diagnostic est souvent erroné et comment l’éviter
-
Surdiagnostic du paludisme et faux diagnostic de typhoïde en Afrique
Ce maillage interne permet de comprendre que les erreurs diagnostiques et le manque de dépistage impactent aussi les maladies chroniques.
7. Influence des industries agroalimentaires et marketing ciblé
Les jeunes sont la cible privilégiée :
-
publicités pour boissons sucrées
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fast-food
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marketing digital agressif
Des rapports soutenus par le NIH démontrent l’impact direct de la publicité alimentaire sur les comportements nutritionnels (Harris et al., 2009).
Discussion scientifique
L’augmentation des maladies chroniques chez les jeunes africains est le résultat d’une interaction synergique entre :
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transition nutritionnelle
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sédentarité
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stress psychosocial
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pollution
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susceptibilité génétique
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faiblesse du système de prévention
Il ne s’agit pas d’un phénomène isolé, mais d’une mutation épidémiologique continentale.
Voir aussi : Hypertension Artérielle : Causes, Symptômes Et Traitements
Conclusion
Les maladies chroniques chez les jeunes africains ne sont pas une fatalité génétique mais le résultat d’un changement rapide de mode de vie.
L’Afrique fait face à une double charge de morbidité : maladies infectieuses et maladies non transmissibles.
La prévention doit devenir une priorité stratégique en santé publique, en particulier au Cameroun.
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Foire Aux Questions (FAQ)
1. Les maladies chroniques sont-elles réversibles ?
Certaines (hypertension débutante, diabète précoce) peuvent être contrôlées voire stabilisées par un changement de mode de vie.
2. Pourquoi les jeunes sont-ils concernés ?
Parce que les facteurs de risque apparaissent plus tôt (alimentation industrielle, sédentarité numérique).
3. Peut-on prévenir ces maladies ?
Oui. L’OMS recommande :
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activité physique ≥150 minutes/semaine
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réduction du sel et du sucre
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arrêt du tabac
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dépistage annuel
4. Le Cameroun est-il particulièrement touché ?
Oui, comme beaucoup de pays d’Afrique subsaharienne en transition urbaine rapide.
Références scientifiques
-
Organisation mondiale de la Santé. Noncommunicable diseases.
https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/noncommunicable-diseases -
Popkin BM et al., 2020. Now and Then: The Global Nutrition Transition. Nutrients.
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Cohen S et al., 2019. Stress and disease.
-
Harris JL et al., 2009. Food marketing to children.
-
CDC. Physical Activity and Health.
https://www.cdc.gov/physicalactivity

